Contribution du secteur extractif : L’ITIE au contact des réalités locales
Le Comité national de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries extractives (CN-ITIE) a parcouru les régions de Fatick, Diourbel, Kédougou, Matam et Thiès pour présenter les résultats du Rapport ITIE 2024. Une tournée marquée par des échanges directs entre autorités déconcentrées et décentralisées, entreprises et communautés locales concernées.
Une tournée au cœur des territoires extractifs
Le CN-ITIE a organisé une campagne de dissémination à l’intérieur du pays, en parcourant successivement cinq régions directement concernées par l’exploitation des ressources naturelles, notamment Fatick, Diourbel, Kédougou, Matam et Thiès. La restitution des données et conclusions du Rapport ITIE 2024 s’est faite à l’occasion de Comités Régionaux de Développement (CRD), de Fora communautaires ainsi que de Visites de courtoisie (Gouverneur et ISEP de Matam).Cet exercice de partage à la base met également en lumière l’importance de renforcer le débat public autour de la chaîne de valeur de l’industrie extractive, conformément à la mission du Comité national ITIE du Sénégal, qui est de promouvoir une transparence accrue dans la gouvernance du secteur.

Placé sous le thème central : « De l’extraction à la transformation économique : quelles stratégies pour maximiser la valeur ajoutée locale ? », le partage a débuté, le mardi 23 décembre 2025, par l’organisation d’une journée de la Transparence marquée par deux évènements majeurs :
- La diffusion officielle des informations contenues dans le Rapport ITIE portant sur l’année fiscale 2024 ; et
- Le Panel de haut niveau intitulé : « La transformation locale des substances minérales : de l’aspiration à l’opérationnalisation, quels défis à relever ? »

Les discussions ont porté sur les enjeux de la transformation locale des ressources extractives dans un contexte marqué par la quête de souveraineté économique. Les intervenants ont mis en lumière les opportunités offertes par la valorisation locale, notamment en matière de création de valeur ajoutée, de développement industriel et de génération d’emplois. Dans le cadre de la mise en œuvre du Référentiel de l’Agenda national de transformation 2050, le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a souligné, lors du Conseil des ministres du 12 novembre 2025, la nécessité de promouvoir une gouvernance minière plus exigeante, à même de garantir des retombées directes pour les populations. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le panel, qui met l’accent sur des leviers essentiels tels que le financement, le cadre réglementaire, la gouvernance du secteur extractif, ainsi que les impacts sociaux et environnementaux des projets miniers, pétroliers et gaziers. Les échanges ont également mis en évidence l’importance d’une implication accrue des communautés locales et d’une coordination renforcée entre l’État, les entreprises et la société civile, afin d’assurer une exploitation responsable, inclusive et durable des ressources naturelles.
Un secteur extractif en pleine expansion
Autre enseignement marquant du rapport ITIE 2024 : la percée remarquable des fournisseurs locaux. Pour la première fois, le volume des transactions réalisées avec les entreprises nationales dépasse celui des fournisseurs étrangers. En 2024, les fournisseurs locaux ont capté plus de 1 110 milliards de FCFA, contre 1 025 milliards pour leurs homologues internationaux.
Cette progression significative illustre un tournant dans la structuration du secteur extractif sénégalais. Elle témoigne des effets concrets des politiques de contenu local conduits par le Comité national de Suivi du Contenu Local (CNSCL).

Fatick : nouvelle capitale pétrolière du Sénégal
Les revenus de ce sous-secteur ont bondi de 47,1 milliards de FCFA par rapport à 2023, passant de 30,65 à 77,70 milliards. La hausse s’explique essentiellement par l’entrée en production du champ pétrolier offshore Sangomar, qui a marqué le début de l’exploitation nationale du pétrole et a généré d’importants flux nouveaux grâce aux premières exportations, aux redevances et aux parts de production liées à cette mise en exploitation. En effet, la production a officiellement démarré en juin 2024.
Kédougou et Thiès en tête de file du secteur extractif
Kédougou confirme son statut de cœur aurifère du Sénégal. En 2024, la région s’impose comme le premier contributeur du secteur extractif avec 175,039 milliards de FCFA, soit près de 38,4 % des revenus globaux. Cette performance est largement portée par les grandes minières, notamment Sabodala Gold Operations et Petowal Mining Company, qui concentrent l’essentiel des paiements. Au-delà des recettes, Kédougou illustre le dynamisme du secteur aurifère sénégalais, avec des exportations d’or et d’argent générant plus de 502 milliards de FCFA en valeur commerciale, soit 44,10% aux exportations du secteur extractif.


Thiès, pilier industriel et minier du pays.
Les entreprises établies dans la Région de Thiès ont contribué à hauteur de 145,417 milliards FCFA, dont 137,692 milliards FCFA affectés au budget de l’État du Sénégal.
Les principales contributions de la région proviennent des sociétés Ciments du Sahel (CDS), Industries Chimiques du Sénégal (ICS), Grande Côte Opérations (GCO) et DANGOTE Industries. À elles seules, ces (04) quatre entreprises représentent 84,25 % des contributions globales de la région de Thiès au titre de l’exercice fiscal 2024. Entre production de ciment, transformation du phosphate et exploitation minière, Thiès incarne une chaîne de valeur extractive plus intégrée, génératrice d’emplois et de valeur ajoutée pour l’économie nationale.
Matam et Diourbel : les phosphates au cœur des échanges

À Matam, le Comité régional de développement à Matam et le forum communautaire organisé à Kanel – département abritant la Société Minière de la Vallée du Fleuve (SOMIVA) – ont mis en lumière le rôle central du phosphate dans l’économie régionale. La région a généré 5,993 milliards de FCFA grâce à cette filière, dont 5,641 milliards reversés à l’État. La SOMIVA a produit 532 353 tonnes de phosphates, dont 230 418 tonnes exportées pour une valeur commerciale de 19,9 milliards de FCFA.
Lors du forum communautaire, les autorités locales ont présenté un portefeuille de 12 projets, à raison de deux par commune, couvrant notamment les localités de Hamady Ounaré, Ndendory et Orkadiéré. Axées sur des secteurs clés tels que la pêche, la transformation céréalière, l’agriculture et l’élevage, ces initiatives ont été identifiées depuis octobre 2025 sous la supervision du préfet du département. D’un montant global estimé à 62 millions de FCFA, elles restent en attente de financement par la SOMIVA et visent principalement à favoriser l’insertion des jeunes ainsi que l’autonomisation.

𝐈𝐓𝐈𝐄 𝐒𝐞́𝐧𝐞́𝐠𝐚𝐥 𝐚̀ 𝐥’𝐈𝐒𝐄𝐏 𝐝𝐞 𝐌𝐚𝐭𝐚𝐦 : 𝐪𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐚 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐩𝐚𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐚𝐥𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐮𝐱

La délégation du CN-ITIE a rencontré les étudiants de l’Institut Supérieur d’Enseignement Professionnel (ISEP) de Matam. L’objectif de cette rencontre est de familiariser les futurs techniciens avec les données et les enjeux de la transparence dans le secteur extractif.
L’accueil enthousiaste des étudiants – qui ont multiplié les questions sur le rôle de l’ITIE, les débouchés professionnels et les synergies possibles avec leur institut – a conduit le Président du CN-ITIE à prendre plusieurs engagements concrets. Il s’agit d’offrir des stages aux étudiants de l’ISEP.
L’ISEP de Matam forme, à travers son département Mines, des techniciens supérieurs spécialisés en géologie de prospection, géologie minière, valorisation des minerais et géologie environnementale.
Des populations plus exigeantes

Ce que demandent les élus
- Une distribution effective des recettes issues du Fonds d’Appui et de péréquation aux Collectivités territoriales
- Une mise en œuvre effective du FADL
Ce que demandent les communautés
- respect strict de l’environnement
- plus d’emplois locaux
- priorité aux entreprises locales pour les petits marchés
Saint-Louis : Prochaine étape de la campagne

La dynamique enclenchée en avril se poursuivra en mai 2026 avec deux nouvelles étapes à l’intérieur du pays. Le CN-ITIE prendra le cap sur Saint-Louis en juin 2026. Cette dernière revêt un caractère hautement stratégique, en raison de l’exploitation du gaz naturel dans le cadre du projet Grand Tortue Ahmeyim, qui positionne le Sénégal parmi les nouveaux acteurs du marché gazier international.
À l’instar des précédentes étapes, ces missions auront pour objectif de présenter aux populations locales les résultats du rapport ITIE 2024, notamment la contribution des entreprises opérant dans ces régions. Elles constitueront également des moments d’écoute et d’échanges, visant à recueillir les préoccupations des communautés et leurs propositions pour une gouvernance plus transparente, inclusive et équitable des ressources naturelles.
Le Sénégal, champion de la transparence extractive

Avec un score de 89/100, le Sénégal se positionne parmi les meilleurs pays au monde en matière de gouvernance extractive.
👉 Une performance saluée par :
- autorités locales
- société civile
- communautés
